Les rondes
fruitées
bleues
galet
Écrit d'amie...
C'est simple comme un nuage, un caillou, une épaule.
Mais le nuage ne suffit pas,
le caillou ne suffit pas,
l'épaule ne suffit pas.
Encore fallait-il qu'elle les cueille.
Et elle les a cueillis.
Au fond de nos mers,
au plus haut de nos cieux,
à l'aplomb de nos falaises
dans le frais de nos rivières.
Comment savait-elle ?
Alors, ça nous prend de vouloir les prendre.
Reprendre
ce qui nous a toujours appartenu,
Retrouver
ce que nous ignorions avoir perdu.
Ce rugueux et ce doux, ce brillant et ce mat,
c'est l'amande de cette fin d'été à Fabrègues,
la bogue au pied de ce chêne kermès en garrigue,
la petite mare verdâtre dans ce rocher de Lozère,
le coquillage rongé par les vagues méditerranéennes.
Y passer le doigt, y perdre son regard.
Jusque dans ce petit trou, de rien du tout.
Si rond.
On s'y penche, y colle l'oeil,
curieux de la bête qui s'y niche,
voyeur de ce que cache toujours l' intérieur,
gourmand d'un ailleurs.
On s'aproche encore...
C'est un souffle qui surgit !
La violence du feu, sans quoi rien de cette douceur n'est possible.
L'infini du vide, sans quoi rien de cette forme n'est accessible.
Tourner autour.
La lumière joue des tours
Et l'ombre portée nous porte,
au creux du vallon tendre où, sans peur, nous nous allongions,
au creux de la dune où s'enfonçaient nos souliers d'hiver,
au creux de ce bras où se dépose un baiser.
Voilà, de détours en retours nous avons reçu ce qui nous a été donné : un endroit où loger.
Cécile Pineau-Chantelot* février 2025
*J'ai rencontré Michèle avant de connaître son oeuvre, elle m'a rencontrée avant de connaître ma poésie. Et puis, au hasard d'une conversation, j'ai appris qu'elle faisait de la céramique. J'ai demandé à voir. Immédiatement j'ai adoré son travail. Je ne l'ai plus lâché. Elle a pu découvrir mon premier recueil de poésie, il l’a beaucoup touchée. Nous avons alors imaginé de faire se rencontrer nos travaux, ainsi sont nés divers projets enthousiasmants. Aujourd’hui, elle me demande d'écrire quelques mots sur son travail et, évidemment, je le fais.